Tout à l’heure, chez un ami, nous nous sommes littéralement
défoncés à égorger des civils dans les quartiers de « la grosse pomme », infectée par un virus ravageur et grouillante de civils et militaires rendus à l’état de zombies. J’avoue
qu’après cette escapade vidéoludique dans [Prototype], je n’avais pas l’impression d’avoir le QI plus élevé que ces mutants assoiffés de sang,
c'est-à-dire celui d’un tournevis cruciforme. Heureusement, en rentrant, Droplitz m’a offert une cure de désintox sauce indie. Car, voyez vous,
ce puzzle game a grosso modo les mêmes effets qu’un Red Bull : non seulement il vous donne la sensation
d’être intelligent, mais en plus il à ce côté perversement addictif…

Je me suis moi-même surpris en goutant à ce petit jeu que j’ai déniché sur
Steam, en promotion pour 1,79€. Autant vous le dire de suite : les jeux de logique, ça me gonfle. Et en 2D, j’ai l’habitude d’y trouver la source d’un ennui mortel.
Indie
Game ou non. Mais bon, consommateur inutile que je suis face à une solde à 80%, je me le procure. Je lance ce programme aux allures de jeu flash (au premier abord) et voici ce qu’il en
ressort : Droplitz s’avère être en réalité un jeu indépendant au concept, certes simple, mais terriblement accrocheur.A l’aide de clics répétés, vous aurez pour objectif de tourner, avec une
frénésie crescendo, des conduits incrustés dans des plaques pivotantes sur un plan en deux dimensions. Car au sommet de chaque tableau sont disposées (selon la longueur de ce dernier) des
extrémités, lâchant un nombre limité de gouttes (les fameux Droplitz) qu’il vous faudra sauver en les amenant, à travers les itinéraires en tuyaux ayant été créé au fur et à mesure de vos
rotations, aux paniers situés au bas du niveau. Créer des routes pour sauver des gouttes. Sur le papier, ça rime peut être, mais c’est pas très engageant. Mais les petits gars de chez
Blitz
Games ont trouvé deux trois parades pour ne pas faire de Droplitz un jeu du genre qui finira oublié dans la poussière (boutade :
Steam est très propre).
En tout, 4 modes de jeux sont disponibles comprenant chacun 9 niveaux. Les niveaux dépendent en réalité de la taille du tableau : plus il est haut, plus il est difficile. Et plus il est
long, plus le nombre de paniers distribuant et récoltant des Droplitz sera grand (pour ma part, j’ai un faible pour les longs… eh ! non !). Le premier mode, le Classique, initie le
joueur à la logique
droplitzienne et libre à lui de choisir des aides qui peuvent s’avérer fructueuses dans le menu Options. Car, au départ, votre œil presqu’aveugle de taupe aura du mal
à trouver la bonne combinaison de rotations susceptibles de former un passage, dans le premier niveau, seul débloqué.

Mais Droplitz à cette étonnante capacité à développer votre rétine au point de lui fournir de puissants rayons X. Avec l’habitude, vous
enchainerez les combos ; les multiplicateurs (que vous cumulerez en créant le plus de chemins possibles avant que tous les Droplitz bonus ne soient arrivés à bon port), feront atteindre à
vos scores des sommets, rythmés par une musique effrénée et de plus en plus stimulante ! Et c’est ainsi que, petit à petit, votre technique se perfectionne inéluctablement, et vous permet de
débloquer, non seulement les niveaux voisins, mais également les autres modes de jeu.
Le second s’intitule Zendurance (pas de fautes de frappe, moi aussi ça m’étonne). Dans celui-ci, contrairement au précédant, le débit des Droplitz ne s’accélère pas et reste constamment le même.
C’est pour cela que, au préalable, vous aurez choisi un thème graphique (parmi les 9 proposés) qui ne changera pas, ce qui est également différent du Classique qui alterne les décors et les
musiques d’ascenseur qui vont avec (notez qu’ils sont eux aussi à débloquer dans le premier mode). Et faites bien votre choix : après avoir acquis la méthode du jeu, il se pourrait bien que
vous n’en finissiez plus. Sans augmentation de la difficulté liée à la vitesse, le mode Zendurance est cruellement plat sur les tableaux faciles (score : 5 000 000 suivi d’une
profonde somnolence) , mais redoutablement coriace sur les tableaux durs. Bref, une fonction assez inutile, mais par laquelle on doit passer si l’on veut débloquer le mode Turbo.
Ce troisième du titre est une version améliorée du Classique, et offre au joueur l’accès à des pouvoirs pratiques tels que le gel, arrêtant le temps pour créer sans se presser de nouveaux
parcours (enfin bon, cet effet est bien entendu limité), ou encore le feu, dynamitant des pièces qui peuvent parfois être extrêmement gênantes

(vous avez le droit au passage à un magnifique effet d’explosion en 3D relief si vous
possédez des lunettes bichromiques. Non je rigole, c’est trop moche). Même s’il apporte au mode Classique un petit zeste de nouveauté, on lui reprochera de ne pas être assez exploité puisque les
pouvoirs ont tout de même un maigre effectif (de mémoire 4) et qu’il est impossible d’en stocker au-delà de… un.
Enfin, le mode Infection, quatrième du nom, est une version retravaillée du Turbo, et donc indirectement du Classique... ("on reste attentif ! Les deux au fond ne suivent plus, là !").
Sinistrement d’actualité, il met en scène un virus qui se propage de conduits en conduits. Il est énervant du fait que, pendant que le rythme des Droplitz s’accélère, lui empêche les plaques de
tourner rapidement et handicape grandement le joueur. Ce dernier n’aura d’autre choix que d’utiliser les pièces contaminés comme chemin pour les éliminer. Jouissif. Ces contaminations en chaîne
rajoutent une touche très agréable au challenge du jeu. Cerise sur le gâteau, de nouveaux fonds graphiques envahis de virus et d’ADN muté viennent renouveler quelque peu l’ambiance du titre,
jusque là assez enjoué et coloré.
Graphismes :
5,5/10
Variés, les thèmes graphiques que
proposent Droplitz agissent inconsciemment sur notre humeur du moment et notre façon de jouer. On ne s’attardera pas sur
les effets quelques peu ignobles que le titre tente vainement de nous exposer théâtralement. Car dans l’ensemble, le produit de Atlus offre un design simple mais efficace, qui ne sape pas la vision du tableau, cruciale.
Jouabilité : 8/10
Excellente. En deux pressions du doigt
et trois battements de cils, vous comprenez les bases de Droplitz. Il faut dire que cliquer sur une souris est accessible à environ toute personne correctement constituée (sauf les manchots, ça va de
soit).
Bande son :
6/10
Les thèmes musicaux ont le mérite de
s’associer correctement aux décors qu’ils accompagnent et également de créer une ambiance tantôt amoureuse, tantôt scout, tantôt Française des Jeux... On a du mal à faire le rapprochement, mais
qu’importe, ça se laisse écouter ! Et quelques effets sont particulièrement entrainants, lorsque, par exemple, vous
êtes sur le point d’effectuer un magnifique combo ! Ouh ! Poussée d’adrénaline !
Durée de Vie :
7/10
Avec 9 niveaux identiques pour chaque modes, Droplitz fait
pâle figure en matière de quantité par rapport à d'autres productions indépendantes. Mais sa force réside dans ce pouvoir magnétique qui pousse le joueur à revenir occasionnellement, à défaut de
souvent. Car peu de sac de noeuds sont aussi amusant à défaire !
Concept
: 6,5/10
D'une naïveté déconcertante, le concept de Droplitz est tout bête, mais peut vous étonner en vous scotchant durant de
longues parties sur votre écran. On regrette néanmoins que les différents modes ne soient pas assez variés les uns des autres. Le filon n'a pas été exploité à sa juste valeur. Dommage. Il
n'empêche que ce puzzle-game reste une valeur sûre, et que
personne ne s'étonnera de le voir réapparaître dans un prochain titre.
Note générale :
7/10
Droplitz nous laisse rarement sur
l’échec, bien qu’il soit assez fréquent. Le dépassement de soit pour venir à bout de tous les niveaux et remporter les succès est une notion, rare ou souvent peu accrocheuse dans
les puzzles games, qui fait indéniablement le charme de se titre. Sans révolutionner le
genre, il offre en perspective de nombreuses heures de démêlage. Dommage que ses modes peu différents les uns des autres (mis à part Infection) nous laissent sur notre faim, bien que l’on
revienne souvent faire une partie ou deux dans le but de nous surpasser. Du potentiel. Et un concept à réutiliser.
Aje